L'un des principaux chefs talibans a expliqué que les talibans avaient décidé de tuer l'interprète afghan avant l'expiration de l'ultimatum lundi en raison du refus des autorités afghanes de négocier la libération de certains de leurs militants comme ils l'exigeaient. Adjmal Naqshbandi, 23 ans, avait été enlevé le 5 mars dans la province d'Helmand, dans le sud de l'Afghanistan, avec l'envoyé spécial de la Repubblica. Ce dernier avait été relâché le 19 mars contre la libération de cinq militants talibans. Son chauffeur Sayyed Agha avait été également exécuté.

"Homicide barbare"

Lundi, le directeur du quotidien italien La Repubblica a dénoncé dans un éditorial le meurtre "barbare" de Adjmal Naqshbandi, et affirme pleurer "un collègue de travail". Ezio Mauro, le directeur du journal qui emploie Mastrogiacomo, souligne que le jeune interprète afghan dont l'exécution a été annoncée dimanche par les talibans était également un journaliste. "Nous avons espéré jusqu'au dernier moment que la nouvelle ne soit pas vraie. Il s'agit d'un homicide barbare et sans aucune justification, même dans une logique de guerre", écrit Ezio Mauro.

"Nous, de la Repubblica, le pleurons comme un collègue de travail et dénonçons en même temps l'impossibilité pour les journalistes d'exercer leurs fonctions dans les zones contrôlées par les talibans qui méprisent non seulement la liberté d'informer et les droits des prisonniers mais également la vie humaine", conclut Ezio Mauro. Le gouvernement italien a de son côté rejeté lundi les critiques de l'opposition sur la manière dont il a négocié la libération du journaliste Daniele Mastrogiacomo, critiques qui ont pris beaucoup d'ampleur après l'exécution annoncée de son interprète afghan par les talibans.

TF1