Ne vous imaginez pas que vous bloquerez le chemin que suit la nation iranienne avec ces réunions et ces conciles", a dit encore le président, qui avait nié la veille toute légitimité aux décisions du Conseil.




Le religieux iranien chargé du sermon de la prière de ce vendredi, l'ayatollah Mohammad Emami Kashani, a repris ce message, déclarant: "même si vous adoptez dix résolutions, cela ne gênera pas notre pays".




Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne sont tombés d'accord jeudi sur un nouveau projet de résolution.




Ce sera la troisième fois que le Conseil exige notamment de l'Iran une suspension de son enrichissement d'uranium, procédé permettant d'obtenir aussi bien le combustible pour une centrale nucléaire que la matière première d'une bombe atomique.




La dernière résolution (1737), adoptée le 23 décembre, après l'échec de la 1696, adoptée le 31 juillet, avait donné 60 jours à Téhéran pour se soumettre à cette exigence, en vain.




Le nouveau texte fixe un ultimatum semblable, engage de nouvelles mesures contre Téhéran et élargit celles de la 1737.




La nouveauté est un embargo sur les achats d'armes en provenance d'Iran, et un appel aux Etats membres à "faire preuve de vigilance et de retenue" dans la fourniture d'armements.




Le texte élargit la liste des entités et personnalités liées aux programmes nucléaire ou balistique iraniens visées par des restrictions financières et commerciales, ainsi que celle des personnalités dont les déplacements à l'étranger sont soumis à surveillance.




De nombreuses entités et personnalités supplémentaires dépendent du corps d'élite des Gardiens de la révolution (pasdarans), armée idéologique du régime qui a notamment la haute main sur le programme balistique iranien et sur l'arsenal de missiles à moyenne portée de type Shahab-3.




Le nouveau texte a été remis aux dix membres non permanents du Conseil. Le vote pourrait avoir lieu dès mercredi.




L'adoption du texte fait peu de doute, seuls les membres permanents disposant d'un droit de veto.




Le véritable évènement de cette réunion devrait donc être la participation du président Ahmadinejad aux débats précédant le vote.




"Je ne considère pas un probable consensus parmi les 5+1 (les six puissances impliquées dans le dossier iranien, ndlr) comme un obstacle à mon voyage et j'insiste pour être présent au Conseil de sécurité", a déclaré vendredi M. Ahmadinejad, cité par l'agence semi-officielle Fars.




Le règlement du Conseil permet aux représentants d'un pays non membre mais directement concerné par un projet de résolution de participer à la séance et d'y prendre la parole, sans droit de vote.




Le geste de M. Ahmadinejad rappelle celui du Premier ministre Mohammad Mossadegh, qui défendit en personne à l'ONU en 1951 sa décision de nationaliser la production du pétrole iranien, alors aux mains des Britanniques.


AFP