Commentant cet incendie qui suscite suspicion et beaucoup d’interrogations, les personnes touchées soulignent que le feu s’est déclenché simultanément à partir de trois points éloignés les uns des autres, le premier au centre, le deuxième près du cimetière juif et le troisième du côté de la route principale, d’autant plus que le feu s’est déclenché alors qu’il pleuvait, il faisait nuit et les commerçants avaient déjà quitté les lieux (21h).

Le feu qui s’est déclaré subitement dans la « joutiya » de Hay Jdid, selon les personnes sinistrées, ne serait pas survenu de lui-même, ni causé par un court circuit électrique ou par l’explosion de bonbonnes de gaz ou encore la chute d’une bougie ou encore par des produits inflammables.

Les sinistrés affirment que des personnes « connues » les avaient maintes fois menacés de les faire évacuer et proférer des menaces sérieuses à leur rencontre, comme l’a indiqué l’une des personnes sinistrées sur les ondes de la station « Cap Radio » de Tanger.

Toutes les personnes que nous avons rencontrées sur les lieux ou celles qui nous ont contacté (personnes physiques, d’associations d’alliances ou syndicats), soulignent, avec insistance, qu’il est impératif d’ouvrir des enquêtes judiciaires, au sujet de ce qu’ils considèrent comme un acte criminel fomenté, destiné à semer le désordre dans la zone résidentielle et commerciale la plus dangereuse de Tanger surtout qu’elle est devenue le repaire de différentes sectes et groupes souvent en conflit et en confrontation à cause de la divergence d’intérêts et d’orientations.

Les sinistrés n’excluent pas que cet incendie a été le fait d’un plan ourdi par plusieurs parties unies par des intérêts communs dont certains à caractère foncier ou à tendance de domination surtout que l’on assiste ces derniers temps à une course effrénée vers l’acquisition de biens immobiliers et leur appropriation par des établissements financiers influents.

Par ailleurs, cet incendie coïncide avec la fête du « Achoura ».

Sans entrer dans les détails qui entourent la confusion qui a accompagné la vente de l’immobilier dans les lieux de la « joutiya » de Hay Jdid à Tanger, il faut souligner que les autorités de la wilaya, la commune urbaine et la Chambre de Commerce et de l’Industrie, ont tenu une réunion avec les sinistrés au cours de laquelle il a été procédé à l’examen de la situation présente et des phases précédant l’incendie qui a ravagé près de 800 baraques et causé des dégâts matériels dans des habitations avoisinantes, causant ainsi des pertes estimées à près de 10 milliards de centimes...

Les représentants des commerçants de ce marché nous ont déclaré qu’ils comptent poser une plainte directe auprès du procureur général du Roi pour demander l’ouverture d’une grande enquête au sujet de l’incident, tout en demandant à la police scientifique d’entreprendre des analyses sur des prélèvements des débris de l’incendie surtout après que des rumeurs ont laissé entendre que des personnes ont été vues dans ce marché avec des bouteilles de produits inflammables à la main, qui pourraient être de l’essence.

Une question se pose avec insistance : l’incendie de la « joutiya » de Hay Jdid de Tanger a-t-il été causé par ceux qui veulent s’approprier ces lieux et créer le désordre dans l’un des endroits les plus menacés d’embrasement humain de Tanger ?

A. CHAABAOUI


L'opinion