"Quand le moment vient, je rétablis de l'ordre juste, j'exerce mon autorité juste, sans laisser passer un certain nombre de choses. J'ai mis un carton jaune", a-t-elle ajouté un peu plus tard.

Et d'expliquer que "les attaques personnelles n'ont pas leur place dans le débat public, ni à l'intérieur de sa propre famille ni à l'égard des adversaires". "L'incident est clos", a de son côté réagi le Premier secrétaire, évoquant des propos "maladroits".

"Je souhaite que le rassemblement des socialistes se fasse dans les meilleures conditions, nous avons besoin de tous les socialistes, à quelque niveau que ce soit", a-t-il affirmé, alors que la campagne socialiste traverse sa première passe difficile.

"Des incidents de campagne, on en aura d'autres, des deux côtés", a minimisé François Rebsamen, co-directeur de la campagne de Mme Royal. "Il ne faut pas en tirer des conséquences hâtives", a estimé Eric Besson, député de la Drôme.

Quant à Thomas Hollande, fils du couple Royal-Hollande, il a estimé que c'était un "avantage exceptionnel" pour la candidate d'avoir à ses côtés quelqu'un qui "rassemble le parti".

Donnée battue au deuxième tour par M. Sarkozy dans plusieurs récents sondages, confrontée à des dissensions internes, à une cacophonie autour de propos de M. Hollande sur la fiscalité et à des rumeurs malveillantes d'évasion fiscale, Mme Royal avait récusé mercredi soir en meeting à Toulon tout "trou d'air" dans sa campagne.

Jeudi soir elle a reconnu "une phase de tension", tout en la jugeant "normale". "Je change la politique", a-t-elle dit sur France 3, en référence à la "phase d'écoute" actuelle des "débats participatifs" qui lui sont chers.

Et en dépit des critiques internes au PS sur ce style de campagne, elle a une fois de plus refusé d'en accélérer le rythme.

"Cette méthode je la crois bonne, elle est attendue par ceux que je rencontre, je m'y tiendrai", a-t-elle dit, ajoutant : "Il n'y a pas de doute en moi".

La droite a en tout cas fait des gorges chaudes du faux pas de "M. Montebourde", selon le mot de la députée sarkozyste Nadine Morano. Evoquant "un assassinat politique sur la personne du Premier secrétaire du PS" elle a estimé que "cela en dit long sur l'ambiance au PS".

"Quand il y a un trou d'air, ça n'est jamais bon signe quand le pilote de l'avion réagit en coupant des têtes dans son équipe", estimait un autre député UMP, Laurent Wauquiez. Et le sarkozyste Dominique Paillé d'ironiser: "Le jeune élève Montebourg a un mois de colle".
AFP