Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, qui se sont mariés samedi à l'Elysée, avaient assigné en référé la compagnie aérienne irlandaise à bas coûts pour avoir publié le 28 janvier dans Le Parisien une photographie dans le cadre d'une campagne promotionnelle. Dans cette publicité, une bulle faisait dire à l'ancien top-model : "Avec Ryanair, toute ma famille peut venir assister à mon mariage".




Dans deux ordonnances distinctes - l'une concernant Nicolas Sarkozy, l'autre sa nouvelle épouse - le juge des référés Louis-Marie Raingeard a estimé que la publicité avait "porté atteinte au droit à l'image" du couple car elle avait été publiée sans son consentement.




Concernant Nicolas Sarkozy, le tribunal a estimé qu'il avait "sur son image, quels que soient son statut et sa notoriété, un droit exclusif et absolu". A ce titre, il lui a alloué un euro de dommages et intérêts, conformément à ce qu'il demandait.




Faisant valoir que son image, pour un visuel publicitaire sur le seul territoire français, se négociait habituellement autour de 500.000 euros, Carla Bruni avait quant à elle réclamé un demi-million d'euros.




Le tribunal a estimé qu'en tant que "mannequin, auteur compositeur interprète", elle avait bien subi un "dommage patrimonial", mais ne l'a chiffré qu'à 60.000 euros. La nouvelle Mme Sarkozy s'est également vu allouer un euro symbolique au titre du préjudice moral.




Le tribunal a jugé que "l'appréciation" du dommage patrimonial "ne pouvait que tenir compte de l'étendue de la campagne publicitaire: une publication le 28 janvier dans le journal Le Parisien" mais aussi "un important effet de buzz, recherché par la défenderesse".




Le tribunal a également condamné Ryanair à faire publier un encart dans Le Parisien afin de rendre publique sa condamnation.




L'avocat de Ryanair, Me Francis Teitgen, s'est étonné mardi que "ce qui a été sanctionné, c'est essentiellement l'effet de buzz", l'image litigieuse ayant été "infiniment plus répandue que ce à quoi on s'attendait", notamment via internet. "C'est la grande nouveauté de cette décision", a-t-il insisté.




L'avocat a également regretté que "la dimension humoristique" de la campagne n'ait pas été retenue par le tribunal.




Me Teitgen ignorait mardi après-midi si son client ferait appel ou non de cette décision.




Me Thierry Herzog quant à lui s'est réjoui d'une "décision satisfaisante car elle sanctionne la violation du principe du droit à l'image". "L'essentiel tant pour Nicolas Sarkozy que pour Carla Bruni était le respect de leur droit à l'image et le fait de ne pas pouvoir utiliser leur image à des fins publicitaires sans leur consentement", a-t-il ajouté.




L'avocat a indiqué qu'il devait s'entretenir avec Carla Bruni avant de décider s'ils porteraient ou non l'affaire au fond, toutefois, a-t-il rappelé, en souriant, "60.000 euros, c'est déjà 60.000 fois plus que ce que proposait la société Ryanair".


AFP