L’activité économique a confirmé en effet sa reprise et sa capacité d’adaptation et d’absorption des chocs extérieurs, dont les plus durs en 2006 étaient la poursuite de l’envolée des cours du pétrole et le démantèlement de l’accord multifibres.

Les prévisions officielles tablaient sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 7,3 pc en 2006, contre 1,7 pc en 2005, une inflation contenue dans 2 pc et un déficit budgétaire maîtrisé à 3,2 du PIB.

Ces prévisions se confirment de plus en plus avec la fin de l’année en cours.

Le Haut commissariat au plan (HCP) annonce une hausse de 6,5 pc du PIB durant le 3-ème trimestre 2006, contre 2,1 pc une année auparavant.

Le dynamisme de l’activité économique en 2006 intervient dans un contexte international marqué essentiellement par la flambée des cours du pétrole. Le prix du brut est passé de 3.342 DH la tonne, durant les dix premiers mois de 2005, à 4.105 DH la tonne, une année après, soit un renchérissement de 22,8 pc, selon l’Office des changes.

Suite à cette évolution, le Maroc, pays qui importe la quasi-totalité de ses besoins en produits énergétiques, a vu sa facture pétrolière grimper de 7,2 pc pour atteindre quelque 21,34 milliards de dirhams (MMDH), à fin octobre dernier. La hausse des prix du brut intervient pour 9,4 pc dans l’accroissement global en valeur des importations, qui ont atteint, à fin octobre dernier, quelque 167,88 MMDH.

Par ailleurs, l’année qui s’achève a été marquée par un redressement du secteur du textile, après les difficultés rencontrées en 2005, date de l’entrée en vigueur de la libéralisation totale du secteur et de la déferlante des produits asiatiques, essentiellement chinois, qui ont donné du fil à retordre aux économies les plus puissantes du monde.

Après une baisse de 8,1 pc durant les dix premiers mois de 2005, les exportations marocaines de vêtements confectionnés ont affiché, à fin octobre 2006, une progression de 17,8 pc pour se situer à 17,24 MMDH. La même tendance à la hausse a été enregistrée au niveau des ventes des articles de bonneterie (+3,4 pc), selon l’Office.

Le secteur primaire, pour sa part, et les activités qui lui sont liées (commerce, transport, exportations etc) se sont bien comportés en 2006, profitant d’une bonne pluviométrie et d’une campagne agricole meilleure.

Avec une valeur ajoutée en hausse de 30,6 pc en 2006, le secteur agricole devait participer à hauteur de 3,8 points à la croissance économique globale en 2006, après une contribution négative en 2005 (-2,7 points), selon les prévisions de la direction des études et des prévisions financières (DEPF), qui fait état d’une récolte céréalière de près de 90 millions de quintaux.

Outre le bon comportement du secteur primaire, le contexte économique national a été marqué en 2006 par une amélioration du rythme de croissance des secteurs marchands, accompagnée d’une amélioration sensible de la demande intérieure et des importations, d’une baisse du taux de chômage et d’une reprise des tensions inflationnistes.

En effet, la DEPF s’attend à une amélioration de 5 pc du PIB marchand non agricole, une activité soutenue par le dynamisme des secteurs de l’industrie, du bâtiment et travaux publics (BTP), du tourisme et des télécommunications.

Selon le HCP, l’activité industrielle s’est favorablement comportée avec une croissance de 4,5 pc durant la première moitié de 2006. Optimiste, la DEPF s’attend à la poursuite de cette embellie, comme le montrent la vitalité de la demande des entreprises industrielles et l’accroissement du rythme des ventes de l’énergie électrique, qui leur sont destinées (+10,1 pc à fin juin).
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