Le Maroc est disposé à participer activement au processus et à tout faire pour contribuer à la concrétisation d'un nouvel accord", a affirmé M. Benaissa lors d'un sommet de l'ONU sur les changements climatiques, estimant que les négociations décisives qui débuteront à Bali en décembre prochain constituent "une occasion unique" pour traiter les différents aspects liés aux changements climatiques.

La Communauté internationale a "la responsabilité historique d'établir, sans plus tarder, une stratégie mondiale" visant l'atténuation des effets du réchauffement climatique, a plaidé le ministre lors de cette réunion de haut niveau, ouverte par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en présence des délégations de plus de 150 pays, dont 70 chefs d'Etat et de gouvernement.

M. Benaissa a salué l'organisation de cette réunion, une initiative, a-t-il dit, qui "nous permet, aujourd'hui, de débattre des changements climatiques en tant que question globale aux dimensions universelles et aux multiples conséquences économiques, sociales, environnementales et humaines".

Evoquant la situation au Maroc, le ministre a indiqué qu'à l'instar de nombre de pays en développement, le Royaume "n'échappe pas aux multiples répercussions des changements climatiques qui se manifestent principalement par l'augmentation de la température moyenne annuelle et la réduction du volume des précipitations".

Témoignant de sa volonté de lutter contre le dérèglement climatique, le Royaume, qui avait ratifié, a-t-il rappelé, la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques en 1995 et le Protocole de Kyoto en 2002, "a mis en place une stratégie nationale et des structures institutionnelles opérationnelles".

Après avoir souligné que le réchauffement climatique n'est pas uniquement une question environnementale, M. Benaissa a insisté que ses dangers pour le développement économique, la santé et la paix et la sécurité dans le monde "ne connaissent pas de frontières entre les pays ni de différence entre le Nord et le Sud".

Il a rappelé, à ce propos, le discours de SM le Roi Mohammed VI, à l'occasion de la 7ème Conférence des Parties sur les Changements climatiques, tenue à Marrakech en 2001, dans lequel le Souverain avait souligné: "S'il est une question, en forme d'inquiétude collective, qui fait de nous des citoyens solidaires d'une même terre, d'une même humanité, au-delà les drames et les dérives du moment, c'est bien celle de protection de notre environnement dont les atouts ou les fragilités, ne connaissent ni le nord, ni le sud et ne s'arrêtent à aucune frontière".

Le Maroc estime que les changements climatiques constituent une problématique à traiter dans le cadre d'une approche fondée sur le principe de "la responsabilité commune mais différenciée", a affirmé le ministre, soulignant "le caractère dévastateur" de ces changements, subis, en particulier, par les pays en développement, portant préjudice à leur développement économique et social.

"C'est le cas notamment de l'Afrique, continent le plus vulnérable, qui est affecté de plein fouet par la désertification, les problèmes d'accès à l'eau, la perte de la biodiversité, la sécheresse et les inondations", a rappelé le ministre.

Il est urgent et prioritaire, a insisté M. Benaissa, de redoubler d'efforts pour accompagner de manière plus engagée les pays en développement dans leurs efforts d'adaptation, de stabilisation et de développement durable.

"Répondre aux défis climatiques d'aujourd'hui, c'est oeuvrer pour une action multilatérale concertée, étant entendu que les partenaires développés doivent partager leurs expériences réussies et contribuer au renforcement des capacités des pays en développement", a-t-il plaidé.

Placée sous le thème : "l'avenir entre nos mains: les changements climatiques, un défi à relever pour nos dirigeants", la réunion de haut niveau sur les changements climatiques se tient à la veille de l'ouverture du débat général annuel de la 62ème session de l'Assemblée générale de l'ONU.

Les Nations Unies entendent obtenir à cette occasion un engagement politique des Etats en perspective de la Conférence sur les changements climatiques à Bali, du 3 au 14 décembre, où des négociations doivent commencer en vue d'un accord international sur le climat d'ici 2009. Cet accord devra entrer en vigueur en 2012 à l'expiration du Protocole de Kyoto.


MAP