D¹emblée, Ahmed Zaki, membre du Bureau politique du PPS et modérateur, a tracé les contours de cette rencontre-débat : «c¹est une occasion supplémentaire d¹ouvrir le débat sur les propositions du PPS, à travers lesquelles transparait un programme ambitieux avec des réponses aux problèmes posés à l¹échelle nationale, avant la présentation de ce programme à l¹opinion publique».

Les propositions du PPS

Dans sa présentation des grandes lignes du programme, Abdelouahed Souhaïl, membre du B.P, a souligné que ce recueil d¹idées et de propositions est «le résultat d¹un travail studieux et d¹une longue période d¹écoute, entamés immédiatement après le 7ème Congrès national.». Pour la concrétisation de ce programme, Abdelouahed Souheïl a défini les options retenues par le PPS. Il s¹agit de la mobilisation et du partenariat autour des objectifs du développement et de privilégier les capacités, favoriser les complémentarités, ce qui se traduit par la promotion d¹une nouvelle culture dans les rapports au sein de la société marocaine. L¹orateur a reconnu en concluant qu¹il y a «énormément de boulot à faire» pour concrétiser ce programme, pour «un Etat démocratique au service du pays et de ses citoyens».

Les observations et les critiques

Immédiatement, la parole a été donnée aux présents. Les principales questions soulevées avaient trait aux emplois à créer et aux moyens à mettre en ¦uvre pour y parvenir, à la santé et aux soins dans le monde rural, à la manière à même de réduire la pauvreté, la fiscalité concernant les investissements non productifs, l¹IGR imposé aux retraités, la réforme constitutionnelle, l¹éducation, les lois inappliquées concernant les handicapésŠ Des critiques du programme ont aussi été formulées, portant sur l¹absence de détails et de données chiffrées.

Une nouvelle démarche

Tout à tour, Abdelahad El Fassi, coordinateur du Conseil consultatif pour les affaires économiques, sociales et culturelles près le Comité central du PPS, Mohamed Saïd Saâdi, président du CARAB, Houcine Louardi, responsable du secteur santé du PPS, Abdelouahed Souheïl et Ismaïl Alaoui sont intervenus pour répondre aux questions de l¹assistance. Ainsi, pour le PPS, la démarche d¹adopter un programme électoral, c¹est d¹accomplir un acte pédagogique en s¹adressant au peuple pour «dire ce que nous voulons et les insuffisances que nous voulons améliorer».

Pour des emplois durables

Concernant l¹emploi, le Maroc crée aujourd¹hui quelque 275 mille postes par an. L¹objectif du PPS, c¹est d¹améliorer ce score en parvenant à créer 400 mille emplois par an à l¹horizon 2012. Des emplois non à la manière du plan Emergence, que le PPS soutient d¹ailleurs, mais durables et non précaires. Le parti a besoin de grands travaux populaires, qui mobiliseraient à la fois des bras et des cerveaux, et désenclaveraient le monde rural. Pour ce qui est des détails et des données chiffrées, le parti veut résister à la pression technocratique afin de ne pas rester prisonnier d¹une logique purement comptable. La fiscalité, elle, plus elle est équitable plus elle est rentable pour l¹Etat.

Une démarche nouvelle

Par ailleurs, en parlant du développement, le PPS fait une démarche nouvelle initiée par feu Aziz Belal, qui avait insisté sur la nécessité de prendre aussi en considération dans le développement «les facteurs non économiques» que sont la culture, l¹environnement, la vie intellectuelle et le savoir. L¹économie ne peut se développer en se basant sur les seules exportations. Les entreprises ont vitalement besoin d¹un marché intérieur. Quant au secteur privé, il doit assurer convenablement son rôle. Le PPS déplore une certaine propension à la rente de situation. L¹investissement non productif, doit être fiscalisé. Pour encourager la consommation la TVA doit baisser de deux points. La réforme constitutionnelle, elle, doit se faire dans un cadre consensuel. La Koutla démocratique se réunira bientôt pour examiner son programme commun aux trois partis, en l¹occurrence le PI, l¹USFP et le PPS.

A. Jamali

Al Bayane